Documentatiecentrum Vlaamse Rand, Rand-ABC-fiche, februari 2013
Introduction
De Gordel commence à l'origine comme un événement extra-politique visant à aborder la question de la francisation croissante des communes flamandes autour de Bruxelles et devient un des plus grands événements sportifs en Belgique. En 2012, le point final est mis à De Gordel dans sa forme classique, après 32 éditions.
La première édition de De Gordel a lieu le 27 septembre 1981 comme une coopération entre un club cycliste local, des associations socio-culturelles locales et des comités d'action flamands, unis dans le groupe de travail ‘Wij houden van alle mensen die het Vlaams karakter van onze gemeente eerbiedigen’ (Nous aimons tous ceux qui respectent le caractère flamand de notre commune). Sint-Genesius-Rode, à cette époque la seule des six communes à facilités ayant une majorité néerlandophone, fait office de point de départ d'un événement cycliste qui veut porter la problématique des communes flamandes dans la périphérie de Bruxelles à l'attention. A partir des prochaines éditions, De Gordel se développe en une initiative plus largement soutenue et à partir de 1983, Bloso (l'Agence pour la Promotion de l'Education physique, des Sports et de la Vie en plein air) devient le plus grand avocat de l'événement. De quelque 1.000 participants lors de la première édition, De Gordel se développe en un événement de masse avec des dizaines de milliers de cyclistes et de randonneurs enregistrés.
Orientation politique
De Gordel prend son origine en partie dans la réaction flamande contre le Pacte d'Egmont à la fin des années 1970. Bien que le pacte communautaire ne soit finalement pas approuvé, les concessions proposées aux immigrants francophones dans 'de Rand', les communes flamandes dans la périphérie de Bruxelles, et surtout le droit à l'inscription dans les communes dites d'Egmont, n'étaient pas faciles à digérer. Les protestations, rassemblées dans le Comité Anti-Egmont, avait reçu un large appui dans toutes sortes d'actions extra-parlementaires et avait entre autres mené à l'action ‘Waar Vlamingen thuis zijn’ (Où les Flamands sont chez eux). Par le biais de cette action de sensibilisation, les organisateurs, soutenus par quelques administrations communales, voulaient convaincre tant les habitants néerlandophones que francophones à respecter le caractère néerlandophone des communes, de manière positive, sans être 'contre quelque chose' ou la volonté d'annoncer le message de manière radicale. 'Charmeren in plaats van protesteren' (charmer au lieu de protester) était la devise, parce qu'une campagne défensive avait en effet souvent l'effet inverse.1 Vu le fait que les communes à facilités se situaient quelque peu en dehors de la zone d'action de la campagne 'Waar Vlamingen thuis zijn', le groupe de travail 'Wij houden van alle mensen die het Vlaams karakter van onze gemeente eerbiedigen’ s'est concentré spécifiquement sur ces six communes. Dans les campagnes, il était fait usage de cœurs et les premières affiches de De Gordel et la première chanson pour De Gordel faisaient l'éloge des six communes.2
De Gordel s'inscrivait donc dans le principe de porter la situation dans les communes flamandes dans la périphérie de Bruxelles à l'attention de manière alternative et positive, plus particulièrement par le biais d'un événement sportif. A la fois, l'organisation voulait également accentuer le caractère flamand et vert des communes concernées. La dénomination s'inscrivait donc dans les concepts de 'Groene Gordel' (Ceinture verte) comme réponse à l'urbanisation effrénée des communes depuis la fin des années 1960 et de 'Gordel van Smaragd’ (Ceinture d'émeraude), qui dressait les centres culturels dans 'de Rand' comme des phares de la culture néerlandophone. Bien que le caractère sportif et récréatif de De Gordel ait graduellement pris de l'importance, l'élément politique est toujours resté présent dans le discours des organisateurs au cours des différentes éditions. Cette sensibilisation visait surtout le reste de la Flandre, qui adoptait une attitude assez indifférente à l'égard de la situation dans la périphérie flamande de Bruxelles. Depuis la première édition de De Gordel, la problématique communautaire a dominé l'actualité politique presque sans interruption. Au cours des dernières années, surtout la demande de la scission de l'arrondissement électoral occupait le premier plan. Pour les politiciens, cet événement sportif annuel constituait une opportunité de choix de se faire entendre dans les médias et de se profiler comme sportifs et flamands, entre autres avec des messages politiques sur les t-shirts.
Réactions
Toutes les années, des actions de sabotage étaient constatées telles que des clous ou des punaises laissés sur le parcours de De Gordel ou le déplacement des panneaux de signalisation. Dans la phase initiale et à des moments de poussée de fièvre communautaire, De Gordel a également été confrontée à des contrariétés de la part des administrations des communes à facilités. Au cours de la dernière édition de De Gordel en 2012, les difficultés se sont aggravées. Le désaccord continu au sujet de la non-nomination des trois bourgmestres et le fait d'être en amont des élections communales de 2012 ont mené à une enchère communautaire et une propension à se profiler. Le collège de Sint-Genesius-Rode a refusé de continuer à faire office de point de rencontre et Linkebeek aussi a invoqué des arguments de sécurité et des questions de procédure pour que De Gordel n'ait plus lieu dans la commune. Finalement, des solutions ont pu être trouvées et la dernière édition de De Gordel s'est déroulée sans problèmes.
La Bretelle
En 2008, La Bretelle a été organisée pour la première fois comme réponse francophone à De Gordel. Au moyen d'un événement sportif comparable à travers Bruxelles et les communes à facilités, les organisateurs veulent promouvoir le rôle de Bruxelles comme capitale de l'Europe et resserrer les liens entre Bruxelles et l'arrière-pays. La mobilisation pour La Bretelle ou De Bretel se fait dans les deux langues. De même, l'organisation ne veut pas adopter une attitude contre quelque chose, mais veut opérer de manière complémentaire. Sur le site web, l'initiative est décrite comme 'un complément de De Gordel'. Tout comme De Gordel, La Bretelle a lieu annuellement, le premier dimanche de septembre, et a attiré quelque centaines de participants.
Événement sportif de masse avec de l'animation en marge
Bien que l’idée fondamentale des organisateurs de De Gordel ait été de porter le caractère flamand de 'de Rand' à l'attention, aucune trace ne peut en être trouvée sur les affiches. Il apparaissait des slogans tels que 'gordelen moet je doen' (De Gordel, il faut le faire), 'de tofste zondag' (le dimanche le plus gai) et 'feest' (la fête) que les éléments sportifs et récréatifs occupaient le premier plan. De ce fait, De Gordel était, pour la plupart des participants, synonyme d'une sortie annuelle sportive ou familiale. De Gordel avait commencé comme un événement cycliste à petite échelle, mais était devenu un événement de masse organisé de manière professionnelle avec des parcours différents pour les cyclistes, vététistes et randonneurs (avec diverses randonnées thématiques et des parcours accessibles aux utilisateurs de fauteuils roulants), mais l'animation en marge pour tous les âges et les spectacles de musique avaient également fait que De Gordel était de plus en plus un événement de fête sportif. Les activités de Bloso visent tout le monde, ce qui a fait que l'offre de De Gordel devait plaire à un public aussi large que possible, aux grands amateurs de sport mais également aux sportifs de récréation. Des campagnes de promotion accessibles à tous, beaucoup d'attention dans les médias et une chanson pour De Gordel3 interprétée par les artistes populaires du moment ; tous ces éléments ont contribué à la grande force de mobilisation. Au cours des années, les partenaires dans l'organisation de De Gordel étaient entre autres les autorités flamandes, la province du Brabant flamand, Radio 2, les centres communautaires et la 'vzw de Rand’.
De Gordel pour écoles
En marge de De Gordel, De Gordel pour écoles a également été organisé à la fin de l'année scolaire à partir de 1996, comme excursion scolaire alternative. L'intention est également d'offrir aux participants (jeunes enfants et élèves de l'enseignement primaire et secondaire) toutes sortes de randonnées et de promenades à bicyclette dans les communes flamandes de la périphérie de Bruxelles. En conclusion, il y a de l'animation en marge et des spectacles de groupes de musique. Lors de l'édition la plus récente en 2012, plus de 22.000 participants de 267 écoles ont été comptés.
Vers une nouvelle formule pour De Gordel: le Gordelfestival
Après 32 éditions, De Gordel change d'intention. Déjà avant De Gordel en 2010, l'administrateur général de Bloso, Madame Carla Galle, avait déclaré qu'il était temps de changer de cap. Les préparatifs étaient faits pour organiser, le premier dimanche de septembre 2013, à nouveau un grand événement sportif dans les communes flamandes de la périphérie de Bruxelles.4 A partir de 2013, 'vzw de Rand' assumera la coordination du nouvel événement, qui s'appellera Gordelfestival. L'accent sur le sport et l'exercice physique restera, mais la promotion touristique et l'expérience de la culture et de la musique constitueront également des ingrédients de base. Bloso et la province du Brabant flamand gèrent respectivement le volet sportif-récréatif et le volet touristique-promotionnel.
NOTES
1 De Broyer Jan, Sociale marketing, 1983, pp. 93-100.
2 Bellon Michaël, 30 jaar gewogen en bewogen, 2010, pp. 36 e.v.
3 Chaque année, un(e) autre artiste a interprété la chanson pour De Gordel. Dans les premières années, le rapport avec la situation politique était plus clair. Lors de la première édition, Micha Marah a chanté ‘Ik Hou Van Alle Zes’ (Je les aime toutes les six), où on voyait encore clairement une orientation politique, mais au cours des années l'accent était mis davantage sur l'aspect musical et le fait de faire du sport ensemble. Au cours des années, les artistes suivants ont interprétés la chanson pour De Gordel : Will Tura, Connie Neefs, Clouseau, Bart Kaëll, Isabelle A, Samson & Gert, Margriet Hermans, Pop in Wonderland, Kamiel Spiessens, Bart Van Den Bossche, Helmut Lotti, Mama’s Jasje, K3, Voice Male, Coco Junior, Yasmine, Spring, Bart Peeters, Barbara Dex, Sandrine, Belle Pérez, Gene Thomas & Esther, Nicole & Hugo, Wim Soutaer, Laura Lynn, Roel Vanderstukken, Jelle Cleymans, Laura Lynn et Buurman.
4De Standaard, 29 juli 2012, De Gordel wordt samen met kieskring BHV begraven, Farid El Mabrouk.
SOURCES ET POUR DE PLUS AMPLES INFORMATIONS
- Bellon Michaël, 30 jaar gewogen en bewogen. Geschiedenis van de Gordel, Jubileumboek, Bloso, 2010.
- De Broyer Jan, Sociale marketing. De sensibiliseringscampagne 'waar Vlamingen thuis zijn', Brussel, Vrije Universiteit Brussel, onuitgegeven licentiaatsverhandeling, 1983, pp. 93-100.
- Gordelfestival - website
- Bloso - website
IMAGES
- Affiches De Gordel, 1981 - 2012, Bloso-Gordelsecretariaat. Merci à Coordinateur général Luk Peirlinck.